Neige, verglas, épisodes de grand froid : l’hiver modifie rapidement les conditions de travail sur les chantiers et augmente les risques d’accidents, en particulier les chutes de plain-pied, les glissades et les pertes d’adhérence. Pour les entreprises du BTP, l’enjeu n’est pas seulement de maintenir l’activité, mais d’adapter l’organisation, les modes opératoires et la prévention au plus près du terrain. Cela passe par une évaluation des risques actualisée, des décisions de report ou de réaménagement des tâches quand les conditions deviennent défavorables, et une vigilance renforcée sur les accès, les circulations et les protections collectives. Tour d’horizon des pratiques de prévention à mobiliser pour limiter l’exposition des équipes pendant les périodes neige-verglas et grand froid.
Évaluer le risque météo et réorganiser le chantier sans improviser
Actualiser l’évaluation des risques et cadrer la prise de décision
Quand les températures chutent et que les surfaces deviennent glissantes, l’entreprise doit réévaluer les risques liés aux déplacements, à la manutention, au travail sur chantier en hauteur et aux accès chantier. L’objectif : transformer une contrainte météo en décisions opérationnelles claires, comprises par tous. Selon la situation, cela implique d’adapter les horaires, de modifier le phasage, de privilégier des tâches moins exposées, voire de suspendre temporairement certaines opérations. Les consignes doivent rester simples : zones interdites, chemins de circulation autorisés, points de vigilance et règles en cas de gel ou de chute de neige. Cette organisation gagne en efficacité lorsque l’encadrement prévoit des points réguliers avec les équipes, afin de partager les conditions du jour et les ajustements. L’approche la plus robuste consiste à limiter l’exposition au danger à la source : éviter les déplacements inutiles, réduire les manutentions en extérieur et anticiper les zones où le verglas se forme rapidement (passages ombragés, entrées de bases vie, rampes et escaliers).
Sécuriser les accès, les circulations et les zones de travail
Les épisodes neige-verglas mettent d’abord en difficulté les cheminements : routes internes, parkings, passerelles, escaliers, plateformes de travail et accès aux postes. Une stratégie de prévention efficace s’appuie sur des mesures concrètes : déneigement et salage réguliers, balisage des zones à risque, éclairage suffisant lorsque la visibilité baisse, et maintien en bon état des protections collectives sur chantier. La vigilance doit aussi porter sur les stockages et les livraisons : sols encombrés, palettes filmées glissantes, engins sur surfaces gelées, ou encore zones de chargement exposées au vent. Les chutes de plain-pied étant un risque majeur en hiver, l’entreprise renforce le contrôle de la propreté des circulations et impose des trajectoires sûres. Lorsque le travail en hauteur est concerné, le gel peut rendre les échelles, échafaudages et planchers particulièrement dangereux : il devient alors nécessaire de vérifier l’adhérence, l’état des platelages et de réévaluer l’opportunité de maintenir l’intervention.
Protéger les équipes contre le froid et maintenir le niveau de sécurité
Adapter les équipements et les EPI aux conditions hivernales
Le froid réduit l’agilité, la précision des gestes et la sensibilité des mains, ce qui peut dégrader la qualité d’exécution et augmenter le risque d’accident. Les entreprises doivent donc s’assurer que les équipements utilisés restent compatibles avec les conditions : gants adaptés permettant de conserver de la dextérité, chaussures offrant une adhérence suffisante sur sols humides ou gelés, et vêtements de travail protégeant du froid sans gêner les mouvements. L’enjeu n’est pas seulement le confort : une protection insuffisante favorise la fatigue et les erreurs, tandis qu’un suréquipement inadapté peut limiter la mobilité ou la vision. Sur certains postes, les surfaces de préhension deviennent glissantes (outils, garde-corps, poignées) et imposent une attention supplémentaire. Les équipes gagnent aussi à vérifier l’état des matériels exposés : rallonges, outils électroportatifs, dispositifs de levage ou de fixation, potentiellement affectés par l’humidité et le gel, afin d’éviter les incidents liés à un fonctionnement altéré.
Prévenir les effets du grand froid par l’organisation et les bons réflexes
La prévention en période de grand froid repose également sur l’organisation du travail : prévoir des pauses, favoriser l’alternance des tâches, réduire le temps d’exposition à l’extérieur et maintenir une hydratation et une alimentation adaptées. Le management de proximité joue un rôle déterminant : rappeler les signes à surveiller (fatigue, engourdissement, baisse de vigilance), encourager les remontées terrain et réagir vite si les conditions se dégradent. Les mesures d’accueil sur chantier comptent aussi : zones de repli chauffées, temps de récupération et consignes claires sur l’utilisation des équipements. En parallèle, la météo peut rendre les déplacements professionnels plus risqués : le rappel des règles de prudence sur la route et l’anticipation des trajets deviennent des éléments de sécurité à part entière. L’hiver oblige enfin à une discipline quotidienne : vérifier les zones sensibles, mettre à jour les consignes et s’assurer que chacun dispose des moyens de travailler en sécurité, même lorsque la pression planning augmente.
En période de neige, verglas et grand froid, les chantiers qui tiennent le mieux sont ceux qui structurent la décision : surveiller les conditions, adapter l’organisation, sécuriser les circulations et protéger les équipes avec des équipements appropriés. En intégrant ces réflexes dès la préparation, l’entreprise limite les arrêts non maîtrisés, réduit l’accidentologie et préserve la qualité d’exécution. Pour les responsables de travaux, c’est aussi l’occasion de formaliser des routines simples (contrôles, balisage, déneigement, brief sécurité) qui rendent la prévention plus robuste tout au long de l’hiver.







